Flash back

.

Dominique Nicolas

Source : LE SEPTENNAT  (Auteur : Marc Thirion - Editions : Carrere/Kian) 1988.

 

 

~ En famille ~

Des quatre Indos, Dominique est certainement celui qui vient du milieu le plus modeste. Son père est artisan-transporteur, 
avec les hauts et les bas que comporte ce genre de profession libérale. Sa mère ne travaille pas. Assez instable, la famille déménage de 
nombreuses fois avant de s'installer dans une maison à Chevilly-Larue, près d'Orly.

- Mes parents n'étaient ni bourgeois, ni ouvriers, mais l'intermédiaire. J'avais quatorze ans lorsqu'ils ont connu une 
période très dure. Mon père était même au bord de la faillite. Nous nous sommes alors retrouvés dans une HLM 
ambiance béton - banlieue !

Dominique vit, le plus souvent, avec sa soeur plus jeune que lui, et sa mère, son père n'étant là que le week-end en général. 
Une famille très ancrée à gauche, de sympathisants communistes, assez à cheval sur les principes mais qui élèvent leurs 
enfants dans un esprit de liberté.

- Les seuls éléments de disputes concernaient la télé et la musique. J'étais certainement en retard par rapport à 
ce que vivaient les jeunes de mon âge.

Conflit de générations qui ne débouche pas sur de graves crises. Les parents de Dominique auront l'intelligence de comprendre et de 
rien interdire à leur fils. Celui-ci aura aussi beaucoup de mal à quitter papa et maman !

 

~ A l'école ~

Dans le primaire, tout se passe bien, Dominique apprend vite et passe sans problème de classe en classe. Mais tout se gâte 
dans le secondaire quand il commence à sécher les cours pour s'adonner avec ses copains à sa passion des deux-roues. 
Mobylette, moto ou varappe à Fontainebleau, de bonnes raisons de ne pas être très assidu aux cours. En quatrième, il rate six 
mois de maths et voit sa scolarité déjà compromise. Pas de chance pour Dominique, sa directrice elle-même le surprend 
sur une moto pendant des heures de cours. Je ne vous dis pas les heures de colles qui en ont découlé ! Il passera le BEPC 
à deux reprises mais ne se présentera pas au second examen. Orienté vers la comptabilité, sans grand enthousiasme, il arrête 
une nouvelle fois avant les examens finaux.

Passionné d'électronique, il entre dans une école privée mais abandonne à cause de son allergie pour les mathématiques. 
Ses parents le menacent à plusieurs reprises de le mettre en pension, sans jamais le faire. Dominique, de toute façon, 
ne se fait pas trop de souci pour son avenir.

- Ceci dit, jamais je n'aurais imaginé me diriger vers la musique. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans j'avais même 
horreur de cela. Je voulais être cosmonaute !

Dominique s'adaptera à l'ambiance difficile des lycées de banlieue.

- Il y avait un mélange entre les très durs et les hippies, j'étais entre les deux camps. J'aurais pu faire des études 
ou terminer voyou. Parmi mes copains d'enfance, certains sont médecins, d'autres sont en prison ! J'étais plus speed 
à cette époque. je n'hésitais pas à me bagarrer pendant les récréations. Je ne me laissais pas faire.


A l'âge de dix-huit ans, il semble enfin avoir trouvé sa voie en entrant dans une école privée de prise de son. Premier contact 
pour cet autodidacte de la musique avec les techniques du son. Dans sa bibliothèque, peu de livres. A l'école, il se contentera 
de lire les résumés et chez lui comptera sur les ouvrages assez "fleur bleue" de sa soeur : Bibliothèque verte, Verlaine, 
Le Petit Prince ou bien des livres de sorcellerie ou d'astrologie que lisent ses parents. Aux grands auteurs, 
il préfère Tintin ou les livres techniques.

 

~ Premiers flirts ~

Farceur, le jeune Dominique commence par mettre des punaises sous les chaises de ses petites camarades du sexe féminin. 
Les filles, ce n'est pas vraiment son truc. Il va quand même à sa première boum à l'âge de quatorze ans, mais n'y retournera 
pas de sitôt : il n'est pas du genre à aborder n'importe quelle fille dans la rue. Il serait même pour les amours platoniques.

- J'attendais la princesse idéale. J'étais ou très réaliste ou très rêveur.

Ainsi sera-t-il amoureux secrètement d'une fille de son lycée cinq ans durant sans oser le lui avouer. Romantique avant tout,
il sortira pour la première fois avec une fille qui n'a pourtant rien d'une princesse : c'était une punk !

 

~ Premiers jobs ~

Il commence par faire les courses de sa voisine pour se faire un peu d'argent de poche, tous ses petits boulots n'ayant qu'un 
seul but : s'acheter des motos. Il passera sa jeunesse à économiser pour réaliser ses rêves de vitesse.

 

~ L'armée ~

Réformé aux trois jours.

 

~ Caractère ~

A force d'évoquer son travail en solitaire pur Indochine, ce trait de caractère du compositeur du groupe est aujourd'hui 
connu de tous. Peu démonstratif, il faut le connaître pour savoir l'apprécier. Dominique ne parle pas à tort et à travers, 
il réfléchit et pèse ses propos avec intelligence. Il aurait mauvais caractère, mais ça, c'est lui que le dit.

- Je suis très changeant. Je peux passer du rouge au noir en cinq minutes. Je crois que c'est mon plus gros défaut. 
Quand je fais les choses, je vais jusqu'au bout.

Calme, rêveur, discipliné, travailleur, silencieux, énigmatique, Dominique est plein de qualités.

 

~ Hobbies ~

Sa première passion : la moto. Elle lui procure ce sentiment de liberté cher à tous les adolescents. Il la pratique avec 
ses copains, ou avec son père lui-même ; ils sont tous deux mordus par les gros cubes, au grand désespoir de sa mère. 
Il aime la moto pour la beauté de l'effort mais aussi pour la performance. A l'âge de seize ans, il participera à ses premières 
compétitions d'enduro. Ce n'est pas parce qu'on lui a volé ses deux motos qu'il abandonnera cette activité pour l'électronique 
puis la musique. Dominique est aussi ceinture bleue de judo. Un peu plus tard, il deviendra adepte d'une autre activité plus 
calme et moins dangereuse : la pêche. Avouez qu'il n'est pas courant de trouver un musicien rock adepte de pêche à la ligne !

- Je suis quelqu'un de très terroir. J'aime enfiler des bottes, m'allonger et faire la sieste au bord d'une rivière et pêcher à la mouche.

Ainsi au cours de mes différents déplacements avec le groupe, j'ai pu voir Dominique discuter très sérieusement pêche 
avec un technicien de la tournée autour d'un livre sur l'anthropologie des insectes, traverser Montréal pour trouver la canne 
à pêche tant recherchée ou bien pêcher le piranha en pleine Amazonie. Avec humour, il évoque même l'après-Indochine :

- Je pourrais être garde-pêche, je fais déjà partie d'un club pour faire revivre les rivières.

 

~ Vie privée ~

Discrète, la fiancée de Dominique n'assiste que très rarement aux concerts d'Indochine.

- C'est dur d'avoir une vie privée, affirme Dominique qui a transformé son appartement en véritable 
studio d'enregistrement. Nous sommes souvent chacun dans notre pièce. Quand je bricole, il ne faut pas déranger. 
Je reste souvent de longues heures sans dire un mot ! Je ne suis pas facile à vivre.

"Normale", c'est ainsi que Dominique qualifie son existence en dehors de la scène. Il vit dans un trois-pièces de banlieue 
mais rêve toujours d'une maison à la campagne. La campagne, il la retrouve en se rendant chez sa grand-mère dans le Berry, 
une bonne occasion de se faire un bon week-end de pêche ! Sinon, il aime les dîners à deux ou entre amis.

- Je regrette d'avoir perdu mes amis avec Indochine. Il se crée des tensions car je n'ai plus le temps de les voir. 
Ils croient que j'ai pris la grosse tête. Ce n'est pas vrai. Mais à la fin, tu n'es plus toi-même, mais Untel d'Indochine. 
Dés le départ, j'ai fui la célébrité. Je me souviens, c'était en Espagne, j'étais en vacances et on entendait L'Aventurier, je me cachais...

 

...

Accueil


Indochine for ever...

http://www.indo4ever.com