Le Train

par Pascale Bonin (Granby, Québec)

 

Je me suis cru un moment dans un rêve mais je n'ai pas mis longtemps à découvrir que ce n'était malheureusement pas le cas. Je ne comprenais pas : alors, j'étais censé être mort ? Il me semble que j'aurais dû m'en apercevoir, non ? Quelle galère !

Et puis le train est entré dans un tunnel. Noir total. Confusion. Peur abstraite. Noir dehors et noir dedans. Plus aucune lumière. Tout seul. Tout seul au milieu de cette folie, au milieu de ce train. Milieu de nulle part. J'entendais au loin le rire des deux adolescents. M'avaient-ils tous fait une bonne (mauvaise) blague ou est-ce que je prenais un peu trop personnel ce rire qui ne m'était peut-être, ou sans doute, pas du tout adressé ? Qu'est-ce que c'était que ce cauchemar ?

Envie d'une nouvelle cigarette. J'ai allumé mon briquet et la petite flamme a faiblement éclairé le wagon désert. Pas assez cependant pour y voir suffisamment. De toute façon je ne comptais pas bouger de ma place pour le moment. Debout devant une fenêtre aveugle. Les autres passagers semblaient tellement dingues que je craignais un peu que l'un d'entre eux ne vienne m'attaquer et me tuer pour de bon.

Mort ? Non, absurde. Les morts ne fument pas. Les morts n'ont pas de corps, juste un esprit. J'avais toujours mon corps. Alors je n'étais forcément pas mort. Je voyageais simplement parmi un groupe de cinglés. Ou de mauvais blagueurs. Peu importe. Dès que ce train sortirait de ce tunnel, j'essaierais de voir ou nous étions. En supposant que je puisse voir dans la noirceur de cette nuit qui semblait ne jamais vouloir finir. Nuit éternelle ? Je n'y croyais pas. J'ai attendu.

Le train est sorti du tunnel après une éternité. La lumière, faible, est revenue à l'intérieur. Toujours personne en vue. Tous les autres devaient êtres restés dans leur wagon respectif. Il fallait que je sache. Alors j'ai sauté. Je suis sorti du compartiment et je suis grimpé sur le toit. Tant qu'à être prisonnier d'un pareil voyage...

Comme je m'apprêtais à me laisser tomber pour échapper à la folie qui avait gagné tous les passagers et même le contrôleur, je fus attiré par un vent ; un courant plutôt qui semblait monter. Je n'ai jamais touché le sol. Me suis retrouvé dans un autre tunnel, tout éclairé, qui m'a aveuglé. Alors c'était donc vrai ? J'étais mort dans ce train.

 

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Le Train

par Geneviève Nantel (Montréal, Québec)

 

J'étais pris de panique !!! Quoi, moi mort ? Tout me semblait si réel dans ce train… J'essayais de reconstituer dans ma tête tous les événements, mais en vain, j'étais incapable, comme si dans ma tête, il y avait des morceaux manquants !!! Plus le temps passait, plus je devenais fou ! Puis, tout à coup, quelque chose me fit remarquer qu'au bout du tunnel, il y avait une lumière, mais pas celle de la mort. Je ne pouvais identifier cette lumière qui commençait à se faire de plus en plus présente autour de moi ! Que j'étais bien !!! Ma panique avait disparu aussi vite qu'elle avait apparu… Mais où étaient donc passés tous les gens qui étaient dans le train avec moi ??? Je fis donc le tour du train à la recherche de ces gens. Il fallait bien que je me rendre à l'évidence, j'étais seul dans ce misérable train ! Je m'assis donc sur une banquette et je m'endormis. Je me réveillai subitement. Je sentais une force étrange qui m'aspirait et dont je ne pouvais combattre…

Quand je me réveillai à l'hôpital, un mois après l'accident, je vis ma femme qui pleurait de joie ! J'essayai de lui dire un mot mais j'en fus incapable. Je me mis à pleurer et ma femme me caressa le front puis me raconta que j'étais le seul survivant du train ! C'est à ce moment que je compris pourquoi que je ne vis ni le prêtre ni les autres gens qui étaient à bord du train.

ILS ÉTAIENT TOUS MORTS !!!

 

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